Témoignage
« Dernière lettre à un ami.
Cher Jean-Claude,
Nous avons partagé plein de moments extraordinaires.
Nous étions verseaux tous les deux, toi du 4 février, moi du trois. De cette belle année 47, où le soleil a fait du vin un cru exceptionnel.
Chaque année, pour notre anniversaire, le téléphone résonnait de nos vœux réciproques, de nos projets, de nos rêves.
Depuis les Facs à Namur, puis au Congo où nos chemins se sont à nouveau croisés, nous avons voyagé ensemble.
Terrain de foot, matchs de volley, vacances de ski, fêtes familiales, rendez-vous coloniaux, partages des bons et moins bons moments de l’existence.
Tu avais un optimisme à casser la baraque.
Au Sporting d’Anderlecht ou au club de tennis, dans tes voyages, tes randonnées en Corse, tes safaris photos, tes explorations ornithologiques, tes découvertes tous azimuts, routard du bout du monde, du Laos à la Tanzanie, tes treks de montagne, tes pistes noires, le fameux Tortin suisse où tu m’as ramassé pour me conduire en clinique, chaque déplacement était une conquête, un défi personnel, une philosophie de vie, un acte d’amitié. Ta générosité n’avait d’égale que le plaisir de faire plaisir, que la bonté de rendre service.
Tu avais ce côté détendu, léger qui te permettait de proposer des solutions éducatives claires à la mesure de chacun de tes enfants.
Tu prenais une distance avec les événements graves pour leur donner une dimension humaine mais jamais dramatique. Ta maladie était un épisode dont tu connaissais le dénouement, mais tu as eu ce courage de le laisser en coulisse, préférant croire que ton solide organisme trouverait la solution et que ton moral, à l’image de cette étoile à trois branches que tu vénérais, sortirait vainqueur de cette injuste compétition.
Jean-Claude, tu as donné à tous ceux que tu as rencontrés un coup de cœur, un coup de vitamines, un optimisme qui ne méritait pas pareille finale.
Tu as toujours été un ami loyal. Heureux de vivre avec les autres.
Tu aimais la musique, le théâtre et toute activité enrichissante pour l’esprit.
Que le plus beau concerto, que la plus belle symphonie, que le rock le plus puissant t’emmènent vers ce paradis blanc, vers cette voie lactée où gravitent les gens bien, vers cette supernova de l’éternité où tu pourras veiller sur nous.
Salut l’ami. Merci d’avoir partagé notre chemin ».
François Back
François Back- 30-06-10