 | Mr. Eric WAGEMANS Aujourd'hui, j'ai dû t'accompagner dans ton ultime voyage.
Dimanche, jour de la fête des pères en France, j'ai appris que tu es décédé à l'âge de 65 ans. On ne s'était plus vu depuis des années, la vie nous a éloigné quand miman et toi vous êtes séparés.
Cependant, je n'ai jamais cessé de penser à toi. Nous échangions par mail, j'étais fière de te parler de l'adulte que j'étais devenue, de ma situation, de mon travail aux thermes. Tu étais partant pour se revoir. J'ai plusieurs fois essayé d'organiser des retrouvailles. Et puis la vie m'a bousculée. J'ai perdu tout ce dont je m'étais "ventée" et j'ai eu honte. J'ai attendu d'aller mieux avant de t'inviter et j'ai attendu, persuadée que nous avions encore du temps.
Je regrette tellement. Je n'ai pas perdu l'occasion de te montrer que j'étais parfaite, j'ai perdu l'occasion de te montrer que j'étais humaine, avec mes réussites, mes échecs, mes blessures et mes espoirs.
Quand j'ai appris la semaine que tu étais en soins intensifs et ne souhaitais voir personne, tellement ton état s'était dégradé, j'ai quand-même appelé l'hôpital pour savoir si je pouvais passer ou t'envoyer une carte. Mais ils n'ont pas su quoi répondre à ma demande qui sortait de l'ordinaire. Puis il a été vite trop tard. Je ne pourrais jamais te revoir, mon "joli pipa" (beau-père c'est moche, on était d'accord). Je ne pourrai jamais te montrer comment "ta grande" est effectivement devenue grande.
Là j'aimerais tellement être croyante, croire que je te retrouverais dans une autre vie, dans un autre monde. Mais je pense que la vie éternelle n'existe pas, sauf peut-être sur internet où on ne disparait jamais vraiment. Alors je t'écris ici.
Je me souviens de ta voiture décapotable, de Linkin Park qu'on y écoutait ensemble et qu'on gueulait comme des casseroles, sans ce soucier des passants qui sûrement nous entendaient et nous jugeaient. Je me souviens des cigarettes partagées, de nos conversations. Je me souviens du marathon du Seigneur des Anneaux dans le salon, des barbecues dans ton jardin, de ton chien Kenny tellement adorable et gentil, certes un bichon mais le plus brave et fidèle bichon de compèt' Je me souviens de la fois où tu m'as emmenée en Allemagne dans ton énorme camion. J'avais eu tant de mal à me lever avant le soleil que j'avais dormi presque tout l’aller dans la cabine à l'arrière avec Kenny, malgré le café que tu m'avais fait découvrir, le Lait Russe (non, c'est un Beau Belge !). Je me souviens de nos parties de pêche, de nos discussions sur les tatouages et piercings, de ton humour, de ton talent de danseur, de ton sourire quasi permanent et de cette douceur absolue dont tu étais capable. Je voulais te dire merci pour tout ça, pour toutes ces années où j'ai eu la vie de famille dont je rêvais. Avec toi, miman, Kenny, tous tes poissons d'aquarium, de nos 2 tortues et les nombreux koï dans ton magnifique étang dont tu étais si fier. Merci de m'avoir aimée telle quelle, merci de m'avoir considéré comme ton égale, pas en m'infantilisant, merci de m'avoir appelée « ma grande ».
Tu m'as montré qu'un homme pouvait être fort, tendre, drôle, soigné, indépendant et attentionné. Parfois un poil trop têtu 😛 Mais tu étais toi. Et je t'aime comme ça moi aussi, telle que tu étais, pour toujours.
Vivi, ta grande.
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